La rénovation écologique d'un logement

rénovation écologiqueL'essentiel du parc de logements français est déjà construit, et une grande part date d'avant la première réglementation thermique. C'est là que se joue le gros des consommations — et c'est un chantier bien plus difficile que la construction neuve, parce qu'on travaille sur un bâtiment qui a ses habitudes.

L'ordre des travaux

Il compte autant que les travaux eux-mêmes, et il est presque toujours le même. La toiture et les combles d'abord : c'est par là que part le plus de chaleur, et c'est le geste le moins cher au gain obtenu. L'étanchéité à l'air ensuite — trappes, gaines, jonctions, boîtiers électriques — qui ne coûte presque rien et supprime des courants d'air que l'isolant ne traite pas.

Viennent ensuite la ventilation, les menuiseries, puis les murs, et seulement en dernier le système de chauffage. Remplacer la chaudière en premier est l'erreur la plus fréquente : on dimensionne alors l'appareil sur les besoins d'un logement passoire, et il se retrouve surdimensionné après isolation, donc moins performant.

Le piège de l'humidité

C'est le risque principal de la rénovation, et il est mal connu. Un mur ancien en pierre, en brique pleine ou en pisé fonctionne en absorbant et en restituant l'humidité. L'isoler par l'intérieur avec un matériau étanche à la vapeur déplace le point de rosée dans la paroi : l'eau condense au contact du mur, invisible, et la dégradation commence.

Deux réponses. Isoler par l'extérieur quand c'est possible : le mur reste du côté chaud, il ne condense pas, et les ponts thermiques disparaissent. Sinon, utiliser des matériaux perspirants — fibre de bois, chanvre, liège, enduits à la chaux — avec un frein-vapeur hygrovariable côté intérieur, et jamais un pare-vapeur étanche sur un mur ancien humide.

Avant toute isolation, il faut aussi traiter les causes d'humidité existantes : remontées capillaires, gouttière percée, terrain qui ne draine pas, enduit ciment qui empêche le mur de sécher. Isoler par-dessus un problème d'eau l'aggrave toujours.

Ventiler, obligatoirement

Un logement rendu étanche sans ventilation devient malsain en une saison : humidité, moisissures, composés volatils qui s'accumulent. La ventilation n'est pas une option de confort, c'est la contrepartie obligatoire de l'isolation.

La ventilation mécanique simple flux hygroréglable est le choix le plus courant en rénovation, parce qu'elle demande peu de réseau. La double flux avec récupération de chaleur va plus loin, et ne se justifie que dans un logement déjà bien étanche, avec la place pour passer des gaines et un accès pour l'entretien des filtres.

Ce qui compte pour l'été

La rénovation se pense encore trop souvent contre le froid seul. Or les étés se durcissent, et un logement suisolé sans protection solaire devient inhabitable. Trois leviers, dans l'ordre : protections solaires extérieures — volets, brise-soleil, stores —, inertie conservée à l'intérieur, et ventilation nocturne traversante.

Un isolant à forte capacité thermique, comme la fibre de bois dense, déphase la chaleur de plusieurs heures : le pic arrive le soir, quand on peut ouvrir. C'est un critère absent de la plupart des devis, et il change le confort réel.

Faire les choses dans le bon cadre

Un audit énergétique établit un ordre de travaux cohérent et conditionne l'accès à certaines aides. Un accompagnateur agréé est désormais requis pour les rénovations d'ampleur soutenues par les dispositifs publics. Et les aides se demandent avant la signature des devis — dans le cas contraire, elles sont perdues, quelle que soit la qualité des travaux.

arbre

Pages populaires du site

Prochains articles

Formation et PDF pour la construction écologique

Constructions écologiques en Tunisie, Maroc et Algérie

A propos de nous

linkedin

Services pour professionnels du bâtiment et de l'habitat